28.12.2010

15 - Nous repartons !

A ceux qui se seraient abonnés à notre blog http://lesperrinchapitre2autourdelamediterranee.blogs-de-..., avaient suivis notre périple de l'hiver 2009/2010, et souhaiteraient continuer à nous suivre - et nous encourager ! - lors de notre prochain voyage, nous signalons que nous venons de mettre en ligne http://lesperrinchapitre3autourdelamediterranee.blogs-de-..., adresse à laquelle nous posterons les nouvelles de notre périple 2011.

Nous partons demain mercredi 29 décembre 2010. Plus de détails, donc sur http://lesperrinchapitre3autourdelamediterranee.blogs-de-... !

Meilleurs voeux à vous et tous ceux qui vous sont chers pour 2011 !

09.05.2010

14 – Des Deux Siciles aux Alpes

Plus d’un mois déjà que nous sommes restés silencieux ! Mille excuses à nos lecteurs ! Nous avons franchi les Alpes par le tunnel du Fréjus (entre Turin et Grenoble) le 19 avril dernier pour rejoindre notre maison familiale de Biviers (Isère) ; nous y avons été fort occupés, pendant deux semaines de grand beau temps (enfin !), à reprendre nos activités de grands parents : attraper des essaims pour notre rucher, et profiter de nos petits enfants Elipot, ceux là même qui étaient venus nous rejoindre au Maroc deux mois plus tôt (cf. Blog 11 – Les terrains de jeux du Maroc). Nous sommes ensuite revenus à notre point de départ parisien lundi dernier 3 mai. 13.800 kms au compteur, moins fatigués que désorientés par ce nouveau mode de vie sédentaire. Nos montures sont également retournées à leurs courses citadines, à peine fatiguées, et Profil Honda à Vincennes s’en occupe ! Juste une chute à déplorer pour moi, à Biviers… sur un rond point engravillonné… heureusement sans gravité, mais c’est vexant, après tous ces kilomètres ; nos nombreux proches qui se sont retrouvés emmaillotés dans plâtre ou bandages en restant chez eux cet hiver prouvent qu’on est beaucoup plus prudents quand on voyage que quand on reste chez soi ! – Attends, là, tu nous embobines ? Cela fait trois semaines que vous êtes en France, et tu n’as pas trouvé le temps de nous donner des nouvelles ? On ne savait même pas si vous vous étiez perdus en Tunisie ou bien dans les mafias sicilienne, calabraise ou napolitaine ?! – Ben oui, euh, on a aussi découvert qu’on dispose aussi de beaucoup plus de temps quand on voyage que quand on reste chez soi ! Cette dernière partie du voyage aura d’ailleurs été très instructive sous bien d’autres aspects.

Par exemple d’abord les ferries. Les cabines y sont confortables ; nous n’y avons pas eu le mal de mer ; l’ambiance des ports est toujours très excitante ; on y rencontre souvent des gens intéressants ; c’est beaucoup moins fatiguant pour les montures comme pour les cavaliers ; et ce n’est pas si cher quand on compte tous ces avantages ! Lorsqu’il nous a fallu nous préparer à quitter la Sicile pour rejoindre Naples et la Campanie, alors que Véronique traînait depuis quelques jours un lumbago, et que nous avions décidé que nous n’aurions pas le temps de visiter la Calabre, Via-Michelin, pourtant toujours très optimiste, indiquait curieusement 6 heures pour 480 km d’autoroute, soit 80 km/h de moyenne. Renseignements pris, cet « autoroute » est en tellement mauvais état que même les routiers ne la prennent plus ; une « autostrada del mare » contourne le problème, par un ferry nocturne entre Messine et Salerne : une nuit de 8 heures au lieu de 2 jours d’autoroute, le calcul était vite fait ! Cela ouvre de nouvelles perspectives pour nos prochains voyages ! Sans compter qu’on touche du doigt qu’il y a pratiquement la même distance, toujours plus vers l’Est, entre Barcelone et la Sardaigne, qu’entre la Sardaigne et la Sicile ; nos ancêtres marins connaissaient bien ces distances !

Ensuite, se donner guère plus de deux semaines pour « visiter » Sardaigne, Sicile et Campanie oblige à passer à côté de beaucoup trop de trésors sans prendre le temps d’aller même y jeter un coup d’œil. Dès qu’on arrive dans une nouvelle ville où nous n’avons jamais mis les pieds, malgré la fatigue, dès les valises posées, on se précipite humer l’ambiance jusqu’à point d’heure ; mais dès le lendemain ou le surlendemain, il faut repartir. On se dit mollement qu’on reviendra… Il faut se faire une raison : il y a un temps pour se déplacer ; et un temps pour s’incruster. Et quand on se déplace, même avec toutes les commodités d’une moto, on ne peut pas « tout » voir ! Même si on pensait nous en être donné tout le temps nécessaire.

Enfin, bien sûr, il faut dire un mot de la découverte de ces terres placées au cœur de la Méditerranée, sur la route de la soie comme sur celle des croisades ; les Anciens les appelaient « La Grande Grèce » : Zénon était d’Elée, à côte de Naples ; Pythagore est mort à Metaponte, dans le golfe de Tarente, où il laissa son école prospérer, pas loin de Sybaris ; Archimède était de Syracuse en Sicile, où subsistent d’innombrables temples ou théâtres grecs. Les Phéniciens/Carthaginois, comme les Grecs, se sont installés sur les rivages de ces « Siciles », bientôt convoitées par des puissances plus terriennes comme les Romains d’abord, les Normands, Arabes, Aragonais ou Angevins ensuite : après les nécessités du commerce ou de la recherche de nouvelles terres, la région est devenue terre ou base de pillage d’où se contrôlait le commerce méditerranéen. Les cadets des grandes familles y allaient volontiers y chercher fortune, mettant leur épée au service d’un prince comme le Pape, l’Empereur, ou le Sultan de Constantinople. Toutes ces dynasties ont empilé des trésors artistiques pendant des siècles, dans des paysages lumineux plutôt rustiques ; le sous développement de la région, flagrant par rapport à l’Espagne, compose un ensemble très attachant, avec une joie de vivre débonnaire : heureusement qu’il nous faudra un jour le retraverser pour aller plus vers l’Orient !

A bientôt donc !

07.04.2010

13 – Las Costas de Algeciras a Barcelona

Vous aurez remarqué que je maîtrise maintenant parfaitement l'espagnol, et prie mes lecteurs non hispanisants de demander à un proche de leur traduire le titre.

L'intérêt de n'avoir pu traverser l'Algérie - au moins pour un « tour de la Méditerranée » ! - était également de parcourir la côte méditerranéenne de l'Espagne, que nous avions quittée à Barcelone en novembre dernier pour filer vers la Castille, et où nous n'avions jamais posé les roues. Cette côte est réputée touristique, enchaînant, du Sud vers le Nord, les « Costa del Sol », « Costa Blanca », « Costa del Azahar » et « Costa Dorada ». Mais au mois de mars, la météo est encore loin d'y être estivale - même si, pour la première fois depuis notre départ, nous avons pu sortir, parfois, les chemisettes dont nous pensions faire grand usage - et l'urbanisation frénétique des côtes les rend finalement peu attirantes si ce n'est pas les plages qui vous attirent ; de véritables murs d'immeubles longent les côtes dès qu'il y a du sable, et les autoroutes ou les voies ferrées quand il n'y en a pas. Dans les environs d'Almeria, le spectacle des cultures sous serres vaut le détour : ce sont de véritables mers de plastique qui ont recouvert la quasi-totalité de la campagne ; et en apprenant un peu de ce qui se passe à l'intérieur (pour des recherches plus précises, le mot clé est « El Ejido », du nom de la commune la plus concernée par le problème), nous prend l'envie de devenir écolo et nous perd celle de manger des fraises en hiver ! Et du côté de Gandia, sur la nationale qui traverse des océans d'orangers au Sud de Valence, ces dizaines de belles jeunes filles blondes qui s'assoient au bord de la route, sur une chaise, plus nombreuses que les stands de vente d'oranges, ce n'est apparemment pas uniquement pour parfaire leur bronzage !

En revanche, nous avons été séduits par les grandes villes qui jalonnent ces côtes. L'Alcazaba de Malaga (port de l'ancien Royaume de Grenade), les immeubles XVIIIème et la médina d'Almeria, le vieux quartier des soyeux de Murcie, les mille facettes de l'immense Valence, le passé romain de Tarraco, les musées de Barcelone.... Elles gardent chacune des traces d'un lointain passé phénicien, punique, romain ou arabe, tout en ayant accumulé les trésors depuis le Moyen Age et font preuve de beaucoup de vitalité jusqu'à aujourd'hui (Exposition universelle, Jeux Olympiques, Coupe de l'America, ...).

Véronique m'avait déjà parlé avec une étonnante émotion des « pasos » de la Semaine Sainte en Espagne, mais il faut en voir au moins un pour comprendre le problème, sachant qu'à partir du cinquième, on le résout en l'appelant « mystère ». Vous entendez l'appel des tambours de fort loin ; la foule s'épaissit à l'approche ; deux ou trois rangs de spectateurs debout font la haie depuis longtemps et ne vous laisseront le passage qu'à la condition de rester accroupis à leurs pieds. Après fanfares, ecclésiastiques, chorales et enfants de chœur sous des croix et torches brandies, arrive la première statue - plus souvent un ensemble de plusieurs statues. On l'aperçoit de loin, balançant au-dessus de la foule silencieuse. Elle est portée sur un brancard équipé de bras de cinq à dix mètres de long reposant sur les épaules de trente à cinquante jeunes gens marchant d'un même et tout petit pas au son des tambours. Pas un mot à son passage, pas de chants, quelques flashes, mais surtout du respect, de la ferveur, de la piété. Les figures des porteurs, quand elles ne sont pas recouvertes du masque des pénitents, reflètent l'honneur qui leur a été fait de porter le paso. Dans les églises attendent leur tour de promenade les grandes croix, les pieta, les madonna, les nostra signora et autres Christ souffrant, que les fidèles peuvent venir toucher en se signant. Le spectacle est à l'évidence religieux ; mais la ferveur est paradoxalement récupérée par l'ensemble de l'économie espagnole, avec plus ou moins de bon goût comme en témoignent quelques photos jointes : il n'y a guère de vitrine ou de bus qui n'affiche une des images de la Passion pour vanter un nouveau prêt bancaire, une robe de mariée ou un robot ménager ! Sans que cela ne semble choquer qui que ce soit.

C'est sur cette côte enfin que nous aurons fait notre baptême à la voile sur la mer ! A notre âge ? Eh oui, les terriens que nous sommes n'avaient encore jamais fait cette inoubliable expérience ; merci à Jacky pour la ballade au large de Villa Joyosa ! L'expérience maritime sera d'ailleurs renouvelée sur les ferries qui nous emmèneront vers l'Italie - elle est étonnement plus loin qu'on le croyait ! - mais ceci est une autre histoire !